Monday, July 25, 2005

Evolution vers l’accord de la citoyenneté allemande pour tous

Ainsi, pour obtenir coûte que coûte une incorporation, le problème de la « Staatsangehörigkeit » pourrait être contourné par l’intermédiaire de la Wehrwürdigkeit (dignité au port d’armes). Cette dernière servirait alors de « clé » pour débloquer la situation mais on verra qu’elle n’y parviendra pas non plus. En effet, comment savoir qui est « würdig » et qui ne l’est pas ? D’autre part les besoins en hommes sont immenses puisque la guerre s’intensifie. Il est difficile et trop long de juger les cas un à un dans le but d’admettre ou non la dignité au port d’armes de volontaires alsaciens. Cela limiterait en outre les effectifs mobilisables et il apparaît nécessaire d’incorporer de force des classes d’âges entières. Accordant ainsi la « Reichsbürgerschaft » selon son idée après la réunion à Vinnitsa en Ukraine le 9 août 1942, le Gauleiter complexifie de ce fait particulièrement la situation. Elle devient finalement inextricable si bien que le Ministre de l’Intérieur du Reich passe outre la volonté de Wagner et décide d’accorder la « nationalité à titre révocable » aux Alsaciens le 9 juillet 1943 pour tout simplifier[1]. La « nationalité » allemande est donc accordée en masse et plus facilement. Une décision étatique a finalement été nécessaire pour résoudre un problème qui n’en finissait plus.
Maintenant que le problème de la nationalité est définitivement réglé, peut-on passer à une incorporation obligatoire des Alsaciens dans l’armée aussi facilement ? Deux problèmes se posent. Incorporer en masse signifie prendre des risques puisque la population alsacienne n’a pas été épurée totalement[2]. Il y a parmi elles des francophiles, des gens d’obédience politique opposée au fascisme… Au sein du corpus, un lexème évoque indirectement la notion générale de « pureté » en faisant ici référence à la langue. Citons l’exemple datant de 1941 qui prouve que le problème est réel depuis le début de l’Occupation.
Alte Gewohnheiten legt man nicht einfach von einem Tag auf den andern ab. So ist es schließlich kein Wunder, wenn auch heute noch so vielen für die deutsche Sache aufgeschlossenen Elsässern immer wieder ein welscher Brocken über die Zunge rütscht, ehe sie es richtig Gewahr werden. Zwar fällt wegen solch einem sprachligen Schnitzer die Welt noch lange nicht ein, und der nachlässig Sünder begeht deswegen nicht gleich einen Verrat an der deutschen Sache. Und trotzdem sollten wir alle bemühen, unsere tägliche Umgangssprache so rein wie möglich zu sprechen. Es geht nähmlich ganz gut auch ohne diese Welschen Brocken, ja im Gegenteil, das Elsässische wirkt ohne sie viel echter, lebendiger und ursprünglicher. (02/01/1941, SNN, p.6, Eine Entwelschungskasse)
La langue tout comme la population alsacienne sous l’Occupation nazie est encore trop marquée par l’influence française. C’est pour cela qu’on demande aux gens de s’efforcer de parler un allemand le plus pur possible. On se doute dès lors que les contrevenants qui ne veulent ou ne peuvent pas parler de cette façon seront mis à l’écart. La population sera ainsi épurée, fait nécessaire, répétons-le, parce que l’introduction du Wehrpflicht impliquerait l’intégration complète de l’Alsace au Reich « entspricht der geschichtlichen Tatsache des weiteren Hineinwachsens unserer Heimat ins Großdeutsche Reich ».
Es gab nach Beendigung des Westfeldzuges zwei Möglichkeiten: Entweder wurde das Elsaß als besetztes Gebiet behandelt oder es wurde praktisch als ein Teil des Großdeutschen Reiches angesehen. Über diese beiden Möglichkeiten haben manche unserer Landsleute noch nicht nachgedacht. Es empfiehlt sich aber gerade heute, im Augenblick der Einführung der Wehrpflicht, eine solche Betrachtung anzustellen. Die Einführung der Wehrpflicht entspricht der geschichtlichen Tatsache des weiteren Hineinwachsens unserer Heimat ins Großdeutsche Reich. .(04/09/1942, p.3, Es soll auch unser Sieg bleiben).
Le second problème concernant l’incorporation massive des Alsaciens implique la nécessité de procéder à un recensement des hommes mobilisables. Pourront être acceptés ceux qui sont jugés wehrwürdig, comme on l’a vu précédemment, mais également ceux qui sont jugés « récupérables » pour gonfler davantage les rangs de l’armée. Nous analyserons la notion « récupérable » un peu plus loin. Pour incorporer massivement les Alsaciens comme nous l’avons vu plus haut, il faut donc procéder à une « épuration » de la population . Une fois que ce problème sera résolu, on pourra effectuer un « recensement » qui permettra une mobilisation massive.

[1] Saisons d’Alsace, 1942 l’Incorporation de force, p. 39.
[2] Saisons d’Alsace, 1942 l’Incorporation de force, p. 33.

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